Le Nord-Pas-de-Calais identifie les vecteurs et les freins d’une logistique plus durable dans les circuits courts

publié le 21 avril 2016

Transflash Mars - Avril 2016 (n°404)

La durabilité de la logistique des circuits courts fait débat et les formes collectives d’organisation des activités de transport sont perçues comme une solution « de bon sens » pour améliorer leur bilan économique et environnemental. Mais dans quelle mesure améliorent - elles (réellement) la performance des circuits courts ? Dans le secteur alimentaire en particulier, à qui pourrait ou devrait profiter cette meilleure performance ? Aux agriculteurs? À la collectivité? Les producteurs sont - ils en outre prêts à adopter ce type de solutions?

Telles sont certaines des questions auxquelles l’IFSTTAR, la Chambre Régionale d’Agriculture du Nord-Pas-de-Calais et le Cerema Nord-Picardie ont choisi de répondre dans le cadre d’un partenariat de recherche financé par la Région Nord-Pas-de-Calais.

Deux hypothèses fondent ce travail :
◗ Les circuits courts de proximité sont générateurs d’importants coûts liés au transport, qu’il est possible de réduire grâce à des organisations logistiques alternatives. Tester cette hypothèse a nécessité la création d’un outil de calcul capable d’évaluer la performance des organisations logistiques des circuits courts alimentaires. La performance est approchée selon les points de vue respectifs de l’exploitant agricole et de la collectivité. Cet outil permet également de quantifier les coûts économiques et environnementaux de diverses formes d’organisation logistique et de les comparer.
◗ Les solutions, en particulier collaboratives, permettent la réduction de l’ensemble des coûts logistiques, n’émergent pas spontanément. Par ailleurs, les acteurs sont peu enclins à les adopter.

Des investigations poussées ont été conduites auprès de 79 agriculteurs de la région Nord - Pas - de - Calais, pour connaître leur niveau de satisfaction quant à leur organisation logistique et leur propension à la modifier. Si l’enquête révèle un faible consentement à mettre en place des solutions collaboratives (partage d’un véhicule ou mutualisation des flux par exemple), elle identifie cependant certains vecteurs pouvant la faciliter telle que la contribution à des réseaux professionnels ou à des dynamiques territoriales.

L’un des enjeux majeurs de la durabilité des circuits courts de proximité implique la sensibilisation des producteurs et des collectivités aux coûts logistiques afin de faire émerger des systèmes collaboratifs optimisés.

Contact Cerema Nord - Picardie : Ludovic.Vaillant@Cerema.fr
Correspondante locale du Cerema : Nathalie.Pitaval@Cerema.fr


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