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Quel apport des réseaux sociaux à la résilience d’un territoire ?

publié le 3 mars 2015 (modifié le 11 mars 2015)

Intervention du colloque « Les smartphones et les réseaux sociaux comme outils d’aide à l’alerte face aux inondations : enjeux et perspectives » les 25 et 26 mars 2015 à Avignon (84, France).

Programme du colloque sur : http://www.geo.univ-avignon.fr/Sem_SMARS2015.htm
Inscriptions sur : http://www.risquesmajeurs.fr

Auteur de la communication : Clara Villar [1] (CEREMA)

L’amélioration de la résilience d’un territoire contribue à réduire le nombre de chocs qu’il doit affronter, à en améliorer la gestion et à accélérer le rebond post-crise. En quelques mots résumée à sa capacité d’anticiper, de s’adapter aux turbulences, et de construire sa trajectoire de façon démocratique en maintenant « ce qui compte », la résilience d’un territoire s’appuie, dans le domaine des risques naturels et technologiques, sur des réseaux et infrastructures robustes et redondants, sur des bâtiments adaptés aux aléas, sur une gestion des crises efficace, sur une culture du risque… Dans le domaine économique, elle peut se traduire par une économie locale, mobilisant les ressources du territoire tout en étant connectée au reste du monde. Dans le domaine social, elle pourra se traduire par des initiatives citoyennes remontantes [2].

Une constante dans ces différentes approches de la résilience territoriale est qu’elle s’appuie nécessairement sur une population autonome, solidaire, engagée, concernée par son territoire (immeuble, quartier, ville…), capable de réfléchir hors cadre, d’innover, d’intervenir dans les décisions publiques et d’exercer son esprit critique.

Le temps de la crise, liée par exemple à des phénomènes d’origine naturelle ou technologique, est un moment particulier de la vie d’un territoire, pendant lequel coexistent dommages, individuels et collectifs, et entraide spontanée qui s’appuie pour partie sur les nouvelles technologies de l’information. Les réseaux sociaux ciblés par la gestion de crise sont aujourd’hui principalement les réseaux de contact (ex : facebook) et de micro-contenu (ex : twitter). Ils sont étudiés par les services en charge de la prévention, de l’alerte et de la gestion de crise en tant qu’outils pouvant améliorer la gestion des événements et contribuant à une résilience de court terme. L’échange rapide d’informations lors de crises apparaît à l’évidence intéressant pour mieux appréhender les situations sur le terrain, mais leur fiabilité est une condition impérative et suppose de pouvoir en valider les sources.

Hors période de crise, l’utilisation de ces réseaux mérite aussi d’être interrogée, selon des leviers et facteurs susceptibles d’améliorer les capacités de résilience du territoire : l’ancrage territorial, l’identité et la culture, la solidarité, l’innovation, l’apprentissage, le sens partagé, l’articulation des échelles spatiales et temporelles, l’autonomie. En effet, si l’instantanéité des échanges via les réseaux précédemment cités correspond aux impératifs des situations d’urgence, ils peuvent conduire à une banalisation des informations, mises toutes au même niveau, et à une dématérialisation des relations et des problèmes. C’est sans doute auprès d’autres types de réseaux et médias sociaux que les vecteurs d’une résilience de long terme, alimentée par une solidarité pérenne et une inclusion citoyenne effective, sont à rechercher, comme les sites de financement collectif et les plates-formes collaboratives visant la construction progressive des connaissances et des projets.

[1Directrice d’études résilience et crise, CEREMA Direction technique Territoires et ville

[2Ces exemples sont donnés à titre indicatif et ne sont pas exhaustifs, il existe de très nombreuses réponses territoriales œuvrant à l’amélioration de la résilience.

 
 

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