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Vulnérabilité des infrastructures et résilience territoriale : quels liens ?

publié le 12 mars 2015

Intervention dans le cadre du colloque franco-suisse co-organisé par VSS (Schweizerischer Verband der Strassen- und Verkerhsfachleute) et le Cerema les 19 et 20 mars 2015 à Sion (Suisse).

Auteur de la communication : Clara Villar [1] (CEREMA)

Les infrastructures sont exposées à différentes vulnérabilités : vulnérabilité intrinsèque (liée à leur conception, aux matériaux qui les composent, à leur vieillissement. ..), vulnérabilité de dépendance (à d’autres infrastructures, à des réseaux), vulnérabilité d’exploitation (liée à la présence de flux), vulnérabilité d’exposition à des risques d’origine naturelle, liés à des phénomènes rapides (crues, séismes, mouvements de terrain) ou lents (changement climatique, subsidence).

Elles sont des composantes structurantes et stratégiques du territoire, car elles doivent absolument satisfaire les exigences de continuité d’un grand nombre de flux (hommes, marchandises) répondant à des différentes fonctions fondamentales (emplois, activités économiques, services, déplacements…).

Des événements récents, tels l’ouragan Katrina aux États-Unis en 2005 et la catastrophe de Fukushima au Japon en 2011 ont malheureusement illustré les effets dominos engendrés par l’interruption des réseaux et des infrastructures, sur la gestion de la crise elle-même, sur la population, sur les activités et sur la vitesse de récupération notamment. La défaillance d’un élément d’une de ces chaînes a entraîné des défaillances sur les autres réseaux, en amplifiant les impacts, jusqu’à des territoires bien plus vastes, voire très éloignés de la zone impactée. Des territoires ont alors hérité des conséquences de perturbations lointaines, sans en être la source, et sans disposer des moyens pour y faire face et y remédier.

Partant de ce constant, pourquoi faire un lien entre la vulnérabilité des infrastructures et la résilience d’un territoire ?

De façon simple, on peut dire que la recherche de résilience d’un territoire vise à augmenter ses capacités à absorber les perturbations et à leur faire face, à le maintenir dans son domaine « élastique ».

Elle s’appuie évidemment sur la résilience de ses différentes composantes, dont les infrastructures pour lesquelles sont mobilisées les notions de résistance, d’absorption, de redondance. Mais cette approche fonctionnelle et technique peut ne pas suffire. Il est alors nécessaire de mobiliser une résilience systémique qui prend en compte les interactions à différentes échelles, géographiques et temporelles, intègre les enjeux et les usages, mobilise une approche transversale et collective, et articule gestion courante, anticipation, gestion de crise et prospective. Les infrastructures, en tant que source potentielle d’effets dominos, sont un maillon essentiel de la résilience du territoire.

[1Directrice d’études résilience et crise, CEREMA Direction technique Territoires et ville

 
 

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