Zoom sur… La mobilité des touristes piétons en ville

publié le 31 juillet 2015

Transflash Juillet - Août 2015 (n°399)

Bien qu’il existe de nombreuses manières de visiter les villes (vélo, bus… ), la marche reste le mode de déplacement le plus naturel pour les promenades touristiques. Ce mode de déplacement laisse la liberté de découvrir, de surprendre, d’interpeller les touristes sur leur environnement au hasard de leur flânerie. À l’inverse des déplacements professionnels par exemple, où le temps est un élément qui rythme la journée et détermine souvent, – et parfois à tort – le mode de déplacement, les marcheurs urbains sont prêts à faire des détours, des arrêts pour s’imprégner au mieux de la vie urbaine. « Ré - enchanter la ville » comme le dit Sonia Lavadinho (directrice,
fondatrice du bureau d’étude Bfluid) prend tout son sens pour ces piétons, car la ville doit, au - delà de son aspect économique, rester un lieu ludique et d’émerveillement. Il reste donc essentiel que l’espace public soit adapté aux pratiques des touristes piétons : confort d’aménagement, sécurité et repérage !

Non, le touriste n’est pas livré à lui - même !

Même si se perdre prend une autre dimension pour le touriste, il doit pouvoir à tout moment se repérer (savoir où il s’est perdu) et s’orienter (retrouver son chemin facilement). La morphologie de la ville (clocher, places, collines, architecture générale des lieux ou des bâtiments…) permet au touriste de s’orienter, mais cela ne suffit pas toujours. Divers outils sont mis en place par les collectivités pour les accompagner : un jalonnement (baliser un itinéraire), une signalisation, des applications numériques, etc.

Ces outils peuvent prendre plusieurs formes :

  • Panneaux de signalisation directionnelle. L’information doit être fiable, actualisée, homogène, cohérente et continue sur tout l’itinéraire quel que soit le gestionnaire de l’espace public ;
  • Plans de quartier ou de secteur. L’orientation des plans (dans le même sens que la vision périphérique de leur lecteur) favorise la lecture des cartes par le plus grand nombre. La représentation d’édifices remarquables oriente le touriste imparablement. Dans le cadre du « Legible London » , les totems mis en place par la ville de Londres en sont un bel exemple ;
Nantes

-* Information sur les temps de parcours. Même si en période, de vacances, le temps est moins compté, il est nécessaire de donner aux usagers une information fiable et systématique sur le temps moyen de parcours d’un point à un autre. C’est une aide à la décision très utile pour déterminer le mode de déplacement en fonction des moyens de chacun ;

  • Cohérence entre les indications des trans- ports collectifs et la « morphologie » des lieux. L’édifice remarquable est illustré sur chaque point d’arrêt. Toulouse a travaillé sur ses stations de métro afin que leur nom et leur signalisation, soient facilement mémorisables (associer le nom de la station à un édifice remarquable proche…) ;
Ligne verte à nantes

-* Recherche d’universalité de l’information quel que soit le registre sensoriel mis en œuvre. La ville de Nantes a mis en œuvre une
« ligne de vie » (ligne de peinture verte de 1 cm de large) permettant de suivre sans effort les itinéraires de visite de la ville. Le piéton suivant cette ligne passe devant tous les points d’intérêt de la commune. D’autres villes ont choisi des plots métalliques (La Souterraine : commune de la Creuse) ;

Un récent ouvrage [1] du Cerema destiné aux concepteurs et aux collectivités récapitule ces outils. Les divers aspects cognitifs de l’orientation et du cheminement sont abordés . L’ouvrage propose ainsi une démarche de conception du jalonnement et de la signalisation, l’objectif étant de permettre au piéton de se repérer et de s’orienter pour prendre les décisions nécessaires à son déplacement. Chaque site doit révéler, à travers son environnement global et architectural, ses clés d’orientation, ses points d’intersection ou de divergence. S’appuyant sur tous ces points remarquables, le touriste peut aller d’un endroit à un autre via un ou plusieurs itinéraires. Les circuits seront jalonnés par les édifices remarquables, des mâts de signalisation, des repères (rivière, escalier, colline, etc.). Autant que de besoin, les collectivités auront pris soin de ponctuer les parcours de plans (afin d’assurer aux touristes qu’ils poursuivent le bon chemin ou du moins qu’ils puissent le retrouver), de zones ombragées ou couvertes, de bancs, de lieux d’aisance, etc. L’objectif est de rendre leur flânerie la plus agréable possible.


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